ࡱ>  , ZOh+'0  4 @ L Xdlt|Issverdeilerderd Normal.dot ERIC VERDEILo4ICMicrosoft Word 9.0@0@$@NI@tɖ` @Z՜.+,0 hp|   AM, I TitreNormal.dot ERIC VERDEILo4ICMicrosoft Word 9.0@0@$@NI@tɖ` @BEYROUTH ENTRE RECONSTRUCTION ET MTROPOLISATION Eric Huybrechts, Centre dtudes et de recherches sur le Moyen-Orient contemporain (CERMOC) Eric Verdeil, Observatoire de recherche sur Beyrouth et la reconstruction, Centre dtudes et de recherches sur le Moyen-Orient contemporain (ORBR-CERMOC) Ce texte a t publi dans le numro: Gouverner les mtropoles de la revue: Villes en parallle, n32-33, Laboratoire de gographie urbaine, Universit de Paris X-Nanterre, pp. Merci de mentionner cette rfrence complte si vous citer larticle. BEYROUTH ENTRE RECONSTRUCTION ET METROPOLISATION Le secteur priv contribue de manire trs importante aux dynamiques de la reconstruction de Beyrouth, mais lEtat reste un acteur central par ses investissements et ses orientations. La politique mene est prise entre deux impratifs: la dfinition dune planification dchelle mtropolitaine, soucieuse de promouvoir lunit et lquilibre dune agglomration encore marque par les fractures de la guerre; la volont dune intgration conomique rgionale qui conduit privilgier certains espaces (centre-ville par exemple). La mise en uvre de ces projets est mal coordonne et incomplte, et traduit la participation des acteurs privs et locaux leur dfinition. RECONSTRUCTION METROPOLISATION POLITIQUES METROPOLITAINES - PLANIFICATION BEYROUTH LIBAN 1991/2000 BEIRUT BETWEEN RECONTRUCTION AND METROPOLIZATION The private sector is a major contributor to the reconstruction of Beirut, but the State remains in a main position due to its orientations and investments. It conducts its policy according to two major necessities: a metropolitan planning promoting unity and balance in a city destructured by the war; and on the other hand, the will of establishing regional economic integration, which only focuses on selected places like the city-center. The implementation of those projects does not fully respect the orientations of the State, and reflects the involvement of private and local actors. RECONSTRUCTION METROPOLIZATION METROPOLITAN POLICIES PLANNING BEIRUT LEBANON 1991/2000 Les priodes de reconstruction sont souvent des moments de forte intervention de ltat dans lconomie et lamnagement urbain. Cela engendre parfois une intensification de la rflexion sur des normes dintervention qui sinspirent de la planification. Le cas de Beyrouth offre dans cette perspective un exemple pertinent pour rflchir la thmatique des politiques mtropolitaines, du point de vue des objectifs quelles sassignent comme de celui des formes quelles adoptent. Sagissant du premier aspect, la tension entre gestion quotidienne et intgration lconomie globale est une dimension essentielle de la reconstruction. La remise niveau des infrastructures dans lagglomration runifie de laprs-guerre est une tape cruciale du retour la normale et de la lgitimation de ltat auprs de la population. Mais la volont de retour lconomie extravertie du Liban davant-guerre suppose une intervention tatique dans des secteurs qui ne concernent pas directement lensemble de la population, comme le ramnagement de laroport par exemple. En second lieu, la forme prise par ces politiques mtropolitaines sapparente-elle une planification, mme stratgique, dans un pays traditionnellement non dirigiste et prompt valoriser le rle du secteur priv dans la reconstruction, et o la mfiance vis--vis de ltat sexerce dans un champ politique caractris par le pluralisme des acteurs locaux ou privs? 1. Dcalages et contradictions de laction publique dans la reconstruction de Beyrouth Depuis la fin de la guerre, en octobre 1990, la remise niveau de lagglomration beyrouthine, a connu deux tapes: ds 1991, la reconstruction a t le fait de linitiative prive, dont les actions foisonnantes ont introduit des inflexions importantes par rapport au fonctionnement hrit de la guerre; partir de 1995, le boom immobilier a marqu un coup darrt au moment mme o taient lancs dimportants investissements publics en matire dquipement et dans les principaux projets urbains. Cette monte en puissance de laction publique, prenant le relais du secteur priv, nest pas exempte de contradictions. Le redploiement spontan de lagglomration beyrouthine Document 1: transformations rcentes de la mtropole beyrouthine SuperficieAnnePopulationEmploiBeyrouth 1984510.000 (b)194.000 (b)(municipalit)20,6 km1996450.000 (d)140.000 (e)Rgion mtropolitaine de 19841.295.000 (b)329.000 (b)Beyrouth (RMB)233,8 km19961.340.000 (d)430.000 (e)Mtropole beyrouthine ?19701.551.000 (a)?(dfinition fonctionnelle)?19961.700.000 (d) (f)?Rgion Centre (Beyrouth  et Mont-Liban)1.967 km1996/971.850.000 (a)630.000 (e)(a) Estimation daprs Livre Blanc (1973) et enqute sur la population active au Liban (1972); (b): Schma directeur de la RMB (1986); (c): Plan de transport de la RMB (1994-1995); (d): Recensement des immeubles, Administration centrale de la statistique (1997); Enqute sur la population active, Administration centrale de la statistique (1999); (f) E. Huybrechts: Densits beyrouthines, in Lettre de lORBR, n9, 1997, pp.14-18 Durant la guerre (1975-1990), et notamment durant ses dernires annes, Beyrouth a subi un ralentissement de sa croissance (document 1). Les parties centrales se sont notamment fortement dpeuples, tandis que la grande priphrie urbaine et plusieurs rgions libanaises, plus sres, connaissaient un accroissement dmographique. Lmigration hors du Liban tait galement importante. Faute des statistiques fiables, il est difficile dvaluer les mouvements dmographiques rcents. La dynamique spatiale de la construction constitue un indice plus probant. Entre 1992 et 1995, la mtropole beyrouthine a connu un dveloppement significatif, caractris par une reprise de la construction prive. Dans la rgion mtropolitaine de Beyrouth (RMB), prs de 6.500 immeubles ont t construits, soit 9% du stock en 1995. Dans le reste de la rgion Centre, qui englobe lensemble de laire sous linfluence de Beyrouth, ce sont 9.000 immeubles qui ont t construits, soit 10% du stock. Cette reprise momentane de la construction tmoigne dun retour de confiance rapide mais bref des investisseurs privs, entranant la formation dune bulle foncire et immobilire. Dans certaines zones centrales ou situes sur la corniche en bord de mer, les valeurs foncires ont atteint, en 1995, des valeurs moyennes de 4.000 $/m. Ce dveloppement urbain sinscrit en partie dans la continuit des logiques gographiques issues de la guerre, caractrises par des extensions priphriques et une sgrgation communautaire de part et dautre de l'ancienne ligne des combats entre lest chrtien et louest musulman. Comme durant la guerre, cest surtout dans la banlieue sud musulmane chiite de Beyrouth que se concentre lextension de la ville. Au nord, la rgion chrtienne du Kesrouan continue se dvelopper. Plus gnralement, lurbanisation de la montagne saccentue (cartes 1 et 2). Toutefois, la territorialisation issue de la guerre apparat moins pertinente pour rendre compte des tendances nouvelles de la mobilit. Au sortir de la guerre, on estimait 10% lensemble des mouvements entre la zone est et la zone ouest. travers des observations partielles, les flux interzones apparaissent aujourdhui plus importants. Les pratiques commerciales tmoignent par exemple que les anciennes sgrgations sont relativises: ainsi, le quartier populaire armnien de Borj Hammoud, avec plus de 3.000 locaux commerciaux, est-il le premier ple commercial de lagglomration. Loin de ntre frquent que par des habitants de la zone est chrtienne o il est localis, le quartier attire trs visiblement des habitants des quartiers ouest de la ville. La mise en service rcente de nombreux centres commerciaux de type occidentaux, galeries ou hypermarchs, se traduit, pour une clientle plus fortune, par une mme remise en cause des lignes de clivage hrites. Ainsi, le centre Monoprix/BHV, implant en 1999 prs de la Cit Sportive en zone ouest, en limite de la banlieue sud chiite et destine principalement par ses concepteurs la population de louest, attire aujourdhui une forte proportion de clientle originaire de lest, profitant des nouvelles liaisons routires rapides qui connectent entre elles les diffrentes parties de lagglomration. Cette reprise de la construction, lextension priphrique des zones rsidentielles et ces pratiques commerciales nouvelles tmoignent du fait que la reconstruction est, dans ses grandes tendances et dans sa chronologie, le rsultat dinitiatives prives, de pratiques individuelles ou collectives prenant acte dune situation nouvelle et impliquant un redploiement de lagglomration partiellement en rupture avec les logiques de la guerre dans un contexte o laction publique est peu contraignante. En effet, les nouveaux dveloppements rsidentiels en priphrie profitent dune rglementation peu exigeante en ce qui concerne lusage des sols et la construction. De la mme manire, le redploiement commercial dans lagglomration sest effectu selon une logique librale, les investisseurs exploitant sans contrainte les sites les plus accessibles, tirant ainsi les bnfices de la remise en rseau de lagglomration beyrouthine. Lintervention puissante mais tardive de ltat dans la reconstruction La logique librale ne rend pas seule compte de lorientation de la reconstruction: lintervention de ltat est massive, mais tardive, en raison du temps ncessaire llaboration dun programme dintervention, la mobilisation de capitaux et au lancement de ses actions. Ce dcalage la empch de peser directement sur la localisation des investissements privs et elle se produit contre-temps, au moment o les investissements privs dans le secteur du btiment se sont fortement rduits. Document 2 : Croissance conomique, investissements publics et construction au Liban (1993-1998) EMBED Excel.Chart.8 \s Le document 2 permet de visualiser le dcalage entre intervention tatique et dynamique de la reconstruction. La croissance du PIB, trs forte en dbut de priode, se ralentit brutalement en 1995 et 1996, puis plus modrment. La courbe des ventes de ciment rend compte de la forte croissance du secteur du BTP entre 1992 et 1995, puis de sa chute partir de 1996. tant donn quil englobe les activits de construction et aussi dinfrastructure, il est utile de le comparer la courbe des investissements publics. Celle-ci montre la monte en puissance des investissements dans le domaine des quipements. Trs faibles en 1993 au moment o est dfini le programme gouvernemental dit Horizon 2000, ces investissements connaissent une monte en puissance en 1994-95 avant de se stabiliser un haut niveau. Au total, ils reprsentent environ 15% du total des investissements dans le pays. Ainsi, une part importante de la consommation de ciment, partir de 1995, peut tre impute aux investissements publics. Entre 1992 1995, la rgion beyrouthine a donc connu une forte dynamique du secteur de la construction soutenue par dimportants financements extrieurs. partir de 1996 se produit un renversement de tendance qui correspond directement la chute de la croissance conomique dans le pays. En 1996, la rgion Centre compte 110.000 logements vides, dont 60.000 dans la RMB (soit respectivement 21% et 16% du total). Ces chiffres traduisent les difficults de commercialisation des logements construits durant le boom de 1992-1995. partir de 1995-1996, les principaux chantiers dinfrastructures (routes, aroports) et dquipements (lectricit) sont lancs par la puissance publique (pour larticulation des comptences et des projets, voir document 3 et deuxime partie). Cest galement cette date que sont lancs les grands projets de dveloppement urbains du centre-ville (les statuts de la socit SOLIDERE sont approuvs en 1994), de la banlieue sud et des projets de remblais au nord, qui sont des projets encadrs formellement par ltat (schma directeur, programmation des infrastructures, appels doffres). Les premires commercialisations de terrains commencent en 1997 pour le centre-ville et le remblai du Metn-nord et les premires oprations de logement de SOLIDERE sont sur le march partir de fin 1998. Elles se produisent dans un contexte peu dynamique, qui contraint leurs oprateurs des modifications de stratgie (passage de la vente la location, par exemple). Avec un volume dinvestissement important, laction de ltat est loin dtre ngligeable. Mais en raison de sa temporalit, son impact sur les orientations spatiales du dveloppement de lagglomration beyrouthine dans les premires annes de la reconstruction demeure limit malgr des anticipations du secteur priv en fonction des grands projets urbains, dquipements et d'infrastructures. Les contradictions des politiques sectorielles: lexemple des dchets solides Le volume des investissements publics ne donne pas dindication sur la capacit de ltat assurer la gestion du territoire mtropolitain. Le secteur des dchets constitue un exemple reprsentatif des lacunes dans ce domaine. Durant la guerre, lusine de compostage de la Quarantaine tait hors dtat, tandis que deux autres usines restaient inacheves. Un incinrateur en banlieue sud ne fonctionnait pas davantage. Pour pallier cette situation et les difficults de communications, les autorits municipales laissrent, partir de 1978, se dvelopper le dversement des ordures de la ville dans la mer (dcharge du Normandy au centre-ville, et Borj Hammoud), en montagne, en banlieue sud (Maramel). Au total, on estimait que 1.000 t par jour taient ainsi disperses, mme si 20 30% des ordures restaient non ramasses. Ds la fin de la guerre, diverses initiatives publiques ont tent de rorganiser la filire. En 1993, lincinrateur d'Amroussieh en banlieue sud fut rhabilit. partir de 1994, une socit prive, Sukkar Engineering, sest vue concder la collecte et la gestion des dchets pour lensemble de la RMB, puis dautres secteurs voisins (rgion du Chouf par exemple). Les travaux de rhabilitation de lusine de la Quarantaine et la construction dun nouvel incinrateur sont achevs en 1996. lissue de cette rorganisation, lagglomration est progressivement nettoye et les dchets sont rgulirement vacus. Mais leur entreposage et leur traitement restent problmatiques. la fin de la guerre, la dcharge du centre-ville est abandonne et son retraitement (en parc et zone constructible) programm. En labsence de site de stockage alternatif, les ordures de toute lagglomration sont alors entasses jusqu'en dcembre 1997 quelques kilomtres de l, dans une dcharge en mer, situe quelques centaines de mtres dun quartier populaire trs dense. La rsorption de ce dpotoir de 15 hectares et 40 mtres de haut est envisage sous la forme dun parc urbain incorpor un remblai constructible. Mais les cots du retraitement et de la stabilisation sont tels que la rentabilit de cette opration est remise en question et donne lieu des ngociations avec les ventuels concessionnaires. Durant les annes 1995-2000, les tergiversations du Conseil du Dveloppement et de la Reconstruction (CDR), charg de la mise en uvre de la reconstruction sont lorigine de troubles et de mouvements de protestations. En 1997, une tentative de transfrer prs de la rgion rsidentielle montagnarde de Monteverde des dchets stocks dans la zone franche du port a suscit une mobilisation des habitants qui la oblig reculer. Suite des rumeurs dextension de lincinrateur dAmroussieh, ce dernier est incendi lors dune violente manifestation. Le CDR tarde rendre public un schma dimplantation des dcharges pour les dchets solides en raison d'oppositions locales. La remise en rseau de lagglomration a certes permis le nettoyage des ordures mnagres sur tout le territoire mtropolitain. Nanmoins, faute davoir planifi des solutions et davoir su les rendre acceptables, la gestion actuelle a conduit ladoption de solutions fragmentaires crant autant dabcs de fixation. Au total, linitiative prive a concentr la plus grande part des investissements de la reconstruction, dans un cadre libral, contribuant modifier substantiellement la physionomie de lagglomration depuis 1991 sans rompre totalement avec les logiques hrites de la guerre. Lintervention de ltat a t progressive et sensible surtout aprs 1995, compensant partiellement ce moment-l une forte rgression des investissements privs, sans modifier radicalement les orientations de la croissance urbaine. ce dcalage de laction publique sajoutent les incohrences propres aux politiques sectorielles. 2. Les paradoxes de la planification beyrouthine: un dessein partiellement suivi et mis en uvre La conduite molle de la reconstruction par ltat nest pas due limprparation de ce dernier, puisque la reconstruction a t pense durant la guerre, lorsque des pauses dans les combats laissaient prvoir un retour la paix. L'ossature de cette vision mtropolitaine ambitieuse, constitue par un plan de transport, a t remise jour mais sa mise en uvre reste aujourdhui trs incomplte. La planification de la reconstruction De 1983 1986, en pleine guerre civile, un schma directeur de la rgion mtropolitaine de Beyrouth (SDRMB) a t tabli par une quipe franco-libanaise qui regroupait des personnels du CDR, de la Direction gnrale de lurbanisme (DGU) et de lInstitut d'amnagement et d'urbanisme de la rgion d'Ile-de-France (IAURIF). Ce document misait sur la runification de la ville, et dfendait un projet qui entendait favoriser la cohsion urbaine et lunit nationale, en mme temps quil devait permettre le redmarrage de lconomie. Quatre principes organisait son parti damnagement: - l'affirmation de la centralit de Beyrouth par la reconstruction d'un centre-ville puissant, attractif, rayonnant sur l'ensemble du pays, reprenant place comme ple d'affaires international; - la restructuration de l'espace urbain par la cration de nouveaux centres urbains hirarchiss en banlieue et l'implantation des grands quipements rpartis dans toute lagglomration; - la priorit au dveloppement des transports collectifs, condition sine qua non d'une amlioration globale de la mobilit; - la sauvegarde et la prservation des sites naturels et du patrimoine. Ce schma na pas t directement mis en uvre cause de la reprise de la guerre. Il a toutefois permis la formation dune quipe comptente au sein de l'administration libanaise, dont certains, comme le directeur de l'urbanisme ou le responsable pour lamnagement du territoire, ont poursuivi leur carrire des postes cls de la gestion territoriale. Le SDRMB constitue pour ces professionnels une rfrence constante. De fait, les prvisions sur les localisations de la croissance urbaine se sont rvles jusqu' prsent assez justes, malgr le dcalage de 10 ans du la reprise du conflit. Les extensions urbaines actuelles sont conformes celles prvues dans le schma directeur et la plupart des grands projets de la reconstruction s'inscrivent dans les orientations du schma, sans pourtant y faire spcifiquement rfrence. Entre 1994 et 1995, ce document a t repris et mis jour dans le cadre du plan de transport tabli pour le CDR, de nouveau par lIAURIF, associ avec les bureaux dtudes TEAM et SOFRETU. Il constitue le cadre de rfrence des vingt prochaines annes (1995-2015) pour le dveloppement des transports dans la rgion mtropolitaine. Il est trs largement fidle la stratgie de dveloppement dfinie dans le SDRMB en 1986, tout en prenant en compte les principales transformations intervenues depuis lors. Comme dans ce dernier, la cohsion urbaine est un enjeu central du plan de transport. La modernisation du systme de transport a aussi pour objectif dassurer lattractivit de la mtropole. En effet, Beyrouth assure la production des trois quarts de la richesse nationale, mais accueille un tiers de la population rsidente, la moiti des emplois, et supporte les plus fortes contraintes lies la densit. travers la capitale, qui est considre comme le moteur conomique du pays, le Plan de transport engage aussi lamnagement du territoire dans sa totalit. Dans un contexte de croissance modre de la population (+800.000 habitants, soit prs de 2.000.000 dhabitants dans la RMB en 2015) et partir dun contexte de mobilit restreinte (0,76 dplacement par jour par habitant), le plan envisage le triplement du nombre de dplacements et une meilleure accessibilit aux grands ples de croissance de lagglomration. Il sappuie pour cela sur le dveloppement dune importante offre de transports collectifs qui devrait reprsenter terme 26% des dplacements motoriss. Le schma des transports collectifs sappuie sur une armature compose dune ligne de chemin de fer intraurbaine, deux lignes de mtro et trois lignes de bus ou tramway en site propre qui sajoutent au rseau de transport par autobus. Cet ensemble complte le rseau routier principal, structur par cinq autoroutes dont le Priphrique et lautoroute Arabe, et un rseau de pntrantes et voies rapides assurant la desserte secondaire de lagglomration (carte 3). Les deux tiers du rseau sont dj construits depuis les annes 1960, lautre tiers correspond des voies nouvelles, mais dont la plupart a t dcrte ds les annes 1960 et 1970. Une mise en uvre non coordonne et incomplte La mise en uvre de ce schma de transport ambitieux pche cependant par son manque de coordination et ses lacunes. Alors que le plan de transport tait encore sous tude, des actions au coup par coup ont t lances par diffrentes administrations. Ainsi, sans concertation avec le ministre des Transports, le mohafez (prfet) de Beyrouth a impos l'utilisation en aires de stationnement de toutes les parcelles prives planes non bties de plus de 1.000 m2 dans la capitale tandis que le ministre de l'Intrieur a octroy des milliers de licences de taxis et de microbus privs. Secteur public et secteur priv assurent un service de transport en commun croissant, mais encore insuffisant (environ 16% des dplacements) et mal rgul, ce qui limite les capacits de dveloppement de l'ensemble. Par ailleurs, le CDR a certes poursuivi ltude et la ralisation d'une partie du rseau routier prvu en premire phase. Les entres nord et sud sont largement ramnages. D'autres chantiers progressent, notamment plusieurs pntrantes (carte 3). Malgr ces ralisations non ngligeables, certaines propositions du plan d'actions immdiates n'ont pas t suivies deffet, notamment sur le plan institutionnel. L'Autorit de rgulation des transports collectifs destine planifier, organiser et contrler la qualit du service du systme de transport n'a pas t mise en place tandis que la coordination des administrations concernes reste faible. La prparation des actions moyen terme est moins bien engage. Sur le plan routier, le priphrique a fait l'objet d'tudes de faisabilit pousses sans toutefois que le montage financier soit ralis; l'implantation de l'autoroute A2 et de lautoroute arabe a fait lobjet d'tudes dtailles, mais est retarde, faute de financement pour les expropriations. En ce qui concerne les transports collectifs, la premire ligne de mtro et les deux lignes d'autobus sur site propre ne font l'objet d'aucune tude particulire prfigurant leur mise en place. En outre, si la volont du ministre des Transports de rhabiliter la ligne ferroviaire reliant Jounieh Jiyeh (37 km) est toujours lordre du jour, la rutilisation des voies ferres, encore possible en 1994, se trouve de plus en plus compromise la suite de lasphaltage de voies de chemin de fer et de la destruction de ponts. Pour les infrastructures cls du plan de transports (priphrique, train, mtro), les phases pralables pourtant peu coteuses (tudes, procdures d'expropriation avant indemnisation, recherche de financement), phases longues et indispensables la ralisation ne sont qu peine engages dans les administrations. En soi, le retard dans la mise en uvre des actions damnagement nest pas ncessairement dommageable, dans la mesure o la croissance conomique et lavancement des grands projets damnagement connaissent des rythmes plus lents que ceux annoncs par leurs promoteurs (cf. 1re partie). Cet talement dans le temps de la mise en uvre du plan de transport reprsente une opportunit pour adapter le rythme des travaux au dveloppement rel de la mtropole et pour taler les investissements publics dans le temps et ainsi mieux les absorber dans le budget de ltat. Faute de suivi et en raison de la faible mobilisation de ladministration, il prfigure le retard qui sera pris pour la ralisation des principales infrastructures, quels que soient les rythmes futurs de dveloppement. En dfinitive, le plan de transport connat donc un dbut de mise en uvre qui commence faire ses preuves. Mais cette application voit son efficacit diminue faute dune coordination des actions. Labsence dorganisme de suivi est du reste un problme concernant lensemble de la gestion mtropolitaine. Des structures institutionnelles inadaptes la gestion mtropolitaine Lagglomration fonctionnelle dbordait dj des limites de la RMB lors de la dfinition du schma directeur de 1986: au nord vers Jounieh et, dans la montagne, en direction de certaines villes comme Broumana, Bikfaya ou Aley. Ces limites ont t reprises telles quelles pour le plan de transport, malgr les extensions urbaines qui les excdent aujourdhui largement (carte 4). Contrairement ce qui tait propos dans le schma directeur rgional, la RMB ne correspond aucune ralit institutionnelle, ni technique, ni politique, ce qui limite les capacits de suivi et de mise en uvre de cette planification. Cette situation est renforce par le fait que les autres acteurs de lamnagement semblent galement incapables de dvelopper une action lchelle mtropolitaine (voir lorganigramme des institutions comptentes en matire damnagement pour la mtropole beyrouthine). Depuis les lections de 1998, les municipalits sont redevenues des acteurs de lamnagement alors que nombre dentre elles ntaient plus en fonctionnement, les lections prcdentes datant de 1963. Elles sont comptentes pour tout ce qui concerne lamnagement de leur territoire. Mais en raison de leur miettement territorial (la RMB compte plus de 70 municipalits), elles ne peuvent prendre en compte lchelle mtropolitaine dans leur gestion et leurs projets. La tutelle exerce par le ministre des Affaires rurales et municipales et le manque de moyens financiers allous aux collectivits locales, bien en de de ce qui est prvu par la loi, limite d'autant plus leurs capacits d'action. Les fdrations de municipalits, raison dune deux par caza (canton), regroupent parfois quelques dizaines de municipalits, mais couvrent des territoires souvent non contigus, parfois montagnards et peu urbaniss. A l'inverse, le sud de la RMB nest inclus dans aucune fdration (carte 4). Enfin, il n'existe aucune structure de coordination entre fdrations. S'ils taient regroups, les deux mohafazat-s de Beyrouth et du Mont-Liban reprsenteraient une unit territoriale dchelle mtropolitaine cohrente avec le bassin demploi et de consommation. Mais les fonctionnaires de ces administrations dconcentres dpendent du ministre de lIntrieur, ce qui renvoie la question de la coordination entre les ministres. En outre, les projets de dcentralisation actuellement dbattus consisteraient supprimer les mohafazat-s actuels pour diviser le pays en 26 ou 29 entits rgionales associant les municipalits des conseils rgionaux dont l'excutif serait confi un fonctionnaire du ministre de lIntrieur. Dans cette hypothse, le Grand Beyrouth serait gr par 7 entits rgionales. Reste donc l'tat central qui dispose de ministres sectoriels et d'organismes centraux dpendant du Conseil des ministres. Jusqu' prsent, c'est principalement le CDR, et accessoirement les deux Conseils Excutifs des Grands Projets, qui ont t charg de mettre en uvre les grands projets d'infrastructures et d'quipements, en coordination avec les ministres. Le CDR assure la cohrence dans la programmation de la reconstruction. Cependant, malgr ses statuts qui lui confient aussi la planification territoriale, rien nest mis en place depuis le SDRMB et le plan de transport pour suivre et mettre en uvre une politique d'amnagement mtropolitain. Ainsi, malgr le regroupement des comptences dans un mme organisme et sa situation centrale dans la structure de l'tat, lamnagement urbain rsulte essentiellement de politiques sectorielles dont les incohrences sont rgulirement dnonces par les experts et les habitants (cf. 1re partie). Ce nest donc pas une question structurelle ou technique qui empche de mettre en place les outils dune planification stratgique d'accompagnement de la reconstruction, mais bien le manque dintrt des dcideurs politiques et administratifs mettre en place des outils d'orientation du dveloppement l'chelle mtropolitaine. 3. Ouverture rgionale, acteurs privs et grands projets mtropolitains Lanalyse des grands projets mtropolitains de cette reconstruction claire le paradoxe prcdent grce la prise en compte de la dimension conomique rgionale et de la complexit du systme dacteurs. Ouverture rgionale et nouvelles perspectives damnagement Ds 1991, la remise en fonctionnement du port et de laroport a t la priorit des diverses quipes gouvernementales qui se sont succdes, car ces deux quipements taient considrs comme les leviers essentiels du redmarrage de lconomie du pays. Les perspectives de paix et donc de croissance des changes dans la rgion ont conduit les diffrents acteurs du systme conomique libanais (gouvernement et investisseurs) dimensionner trs largement les projets de dveloppement. Le cas de laroport est cet gard exemplaire. Ds 1991, un plan directeur de dveloppement fut labor. Il prvoyait la construction dinstallations aroportuaires capables dabsorber 6 millions de passagers lhorizon 2000, puis ventuellement 16 millions en 2035. Ces ramnagements sont aujourdhui en phase terminale, avec une piste de 3800m sur la terre ferme et une autre longue de 3400m dont 1900m en forme de remblai en mer. Ces travaux de remise niveau saccompagnent dune croissance rgulire des flux, comprise entre 5 15% par an. Le trafic, correspondant principalement aux besoins domestiques, sapproche aujourdhui des 2,5 millions de passagers. Le surdimensionnement de cet aroport par rapport aux besoins domestiques stricto sensu s'explique par la volont dtre prt, dans lhypothse dun redmarrage rapide de lconomie rgionale, simposer comme un des hubs rgionaux. Le cas du port illustre une autre consquence de la rinsertion de la capitale libanaise dans lconomie rgionale. Dans un premier temps, la modernisation du port a t lente se dessiner alors quelle tait essentielle pour que Beyrouth retrouve son rle de tte de pont vers lhinterland arabe. Certes, la reprise de lactivit a permis ds 1994 la rcupration du niveau de trafic davant-guerre. Mais cest seulement en 1996 que les premiers travaux de rhabilitation des infrastructures portuaires et des trois premiers bassins, ainsi que la construction dun quatrime, ont t lancs. Cest seulement en 1997 quun contrat tait sign pour le dgagement des paves coules et des obus tombs dans le port et ce nest quen 1999 que ces travaux ont t achevs. cette gestion incertaine marque par divers scandales, soppose la nouvelle phase de dveloppement lance en 1998. Il sagit dun projet dquipement et dexploitation dun nouveau terminal pour conteneurs, devant permettre le traitement de 600.000 conteneurs dans une premire tape (ventuellement 1,2 millions de conteneurs dans un second temps) pour un trafic actuel de 140.000 conteneurs. Un consortium men par lAutorit du port de Duba (9me port mondial) grera ce nouveau dveloppement, visant donc une complmentarit entre deux des portes de listhme arabe. Lapparition dun acteur voluant une chelle mondiale modifie sensiblement non seulement la dfinition des objectifs de dveloppement, mais galement les rapports entre le gouvernement et les investisseurs dans la programmation des projets. Ainsi, le dveloppement du port de Beyrouth reste actuellement limit par le retard dans la ralisation de lautoroute vers Damas (cf. 2me partie). La reprise rcente du projet dune autoroute pour camions, dans une zone vierge car situe sur une ancienne ligne de dmarcation (la valle du nahr Beyrouth), et donc o les terrains coteraient moins cher, apparat comme une rponse de l'tat libanais ses engagements de liaison rapide pour les camions desservant le port. Ces deux exemples clairent les consquences de linsertion rgionale: lmergence de nouveaux acteurs conduit modifier les objectifs prvues pour rester conforme aux objectifs de dveloppement mtropolitain. La cohrence en question des grands projets urbains de la reconstruction Lanticipation de linsertion rgionale de Beyrouth se traduit galement dans les grands projets damnagement urbains par le jeu sur les spcialisations de la capitale libanaise vis--vis de ses concurrentes. Les projets sont directement planifis en fonction dun march rgional, selon des rythmes de dveloppement parfois surestims, de sorte quils entrent en contradiction avec les quilibres pris en compte pour la planification mtropolitaine. Document 4: les grands projets mtropolitains surface surface Principales fonctions (prvisions)Autres caractristiques (ha)constructible (milliers m)logementbureauxcommerce / tourismedu projetCentre-ville (SOLIDERE)186469019591582563 / 200parc - 2 marinas - promenade maritimeRemblais: LINORD24027121284145475 (tot.)parc - marina -complexe dassainissement des eauxMETN Nord10012009993862 / 91marinaELYSSAR5806689563030201 / 2657500 logements sociaux - nombreux quipements - front de mer touristique En ce qui concerne le centre-ville, dont le ramnagement est une priorit nationale depuis 1977, le projet actuel sest dfini par tapes entre 1991 et 1994. Sur une surface de 186 ha dont 66 en remblai, il est prvu de construire 4,69 millions de m. Cet objectif trs ambitieux reflte la fois un souci politique de recentralisation de lagglomration divise par la guerre et la volont de faire du centre-ville le moteur de lintgration de la ville et du Liban lconomie mondiale. Les fonctions mises en avant sont complexes (tertiaire financier, commerce de luxe, tourisme, rsidentiel haut de gamme), mais indiquent trs explicitement la recherche dune ouverture mtropolitaine qui sappuie sur le pari de rcuprer certaines fonctions existantes avant-guerre et celui den dvelopper de nouvelles. La mixit des activits dans un espace lurbanisme matris apparat comme un atout, malgr des perspectives de densification importante. Nanmoins, larticulation de ce projet avec lagglomration ne va pas sans poser problme. La surface de planchers est de 40% suprieure celle prsente dans le SDRMB et se fonde sur une perspective de croissance de 8,5% par an pendant 25 ans, dores et dj irralisable au vu des premires annes (cf. 1re partie) et de la persistance des troubles rgionaux. Loprateur a dailleurs russi prolonger son mandat de 25 75 ans pour s'inscrire dans des perspectives plus crdibles, plus proches des rythmes de dveloppement retenus par le SDRMB. La ralisation des volumes construire prvus remettrait en cause la rpartition des activits de services lchelle de lagglomration. La recentralisation programme parat difficilement compatible avec les modes de desserte actuellement prvus. En outre, les transports en commun de masse (mtros et bus en site propre: carte 3), ne font lobjet daucune initiative du secteur public et priv. La cohrence des autres grands projets de la reconstruction avec la trame dfinie en 1986 et rajuste en 1994 parat galement problmatique. Le projet Elyssar entend ramnager un primtre de plus de 560 ha dans la banlieue sud-ouest de Beyrouth, entre la route de laroport et la mer. Cet espace, longtemps considr comme laire dextension naturelle de lagglomration, a t partiellement occup durant la guerre par des quartiers non rglementaires. Le projet vise construire 7.500 logements sociaux pour reloger la moiti des occupants actuels et relocaliser les activits artisanales et commerciales qui assurent la zone son dynamisme conomique, tout en librant la bande littorale et en la valorisant par des projets touristiques, dont la rentabilit permettrait le financement des autres dpenses. Les projets de remblai au nord (deux ensembles de 100 et 240 ha) cherchent dvelopper un nouveau front de mer, avec une orientation touristique et rsidentielle de luxe. Paralllement, ils devraient permettre de restructurer lentre nord de lagglomration tout en mettant la disposition de ltat des terrains utilisables pour des quipements dintrt gnral (usine de traitement des eaux, parc urbain sur lancienne dcharge de Borj Hammoud) et quelques zones dindustries lgres. Certaines de ces orientations conomiques sont similaires celles du centre-ville, en particulier lorientation commerciale ou le tourisme et, un degr moindre, vers le tertiaire de bureau ou le rsidentiel haut de gamme. Ceci valorise donc les atouts traditionnels du Liban dans l'conomie rgionale. En revanche, les perspectives de dveloppement rsidentiel ou commercial dans la zone des remblais paraissent fort ambitieuses et en concurrence directe avec le centre-ville, et des redfinitions des objectifs damnagement sont possibles. Par ailleurs, le projet dElyssar ne reprsentait pas, en 1986, une priorit clairement inscrite sur le plan, mme si le ramnagement de la banlieue sud y tait mentionn. Mais le projet parat aujourdhui en conformit avec les objectifs du SDRMB, par ses objectifs sociaux et de structuration du sud de lagglomration. Quil sagisse dElyssar ou des remblais nord, cest moins la viabilit et la justification propre de chacun deux qui pose question que la transformation des priorits de la reconstruction. En effet, ils sont privilgis aux dpens du dveloppement de centres rgionaux destins quilibrer loffre de services et demplois dans lagglomration. Cette orientation avait t confirme par le plan de transport de 1995, puisque lorganisation prvue des transports en commun sappuyait largement sur ces centres secondaires comme ttes de lignes (carte 3). La priorit donne aux projets urbains au dtriment des infrastructures lourdes de transports en commun et des centralits secondaires montre un dcalage entre les conceptions mtropolitaines du SDRMB et du plan de transport et la mise en uvre de la reconstruction. Les grands projets en ngociations Comment interprter alors cette transformation des priorits et le dveloppement privilgi de projets largement dfinis, si ce nest contrls, par des capitaux privs sur le littoral? Leur orientation apparat dans les faits troitement dpendante des nouveaux rapports qui sinstaurent entre ltat, les investisseurs potentiels dans ces projets et certains acteurs locaux. Diverses configurations se prsentent en fonction des diffrents projets. Dans le cas du centre-ville, une formule juridique sur mesure a t tablie par la loi 117/91 pour les zones largement dvastes par la guerre, et dont la situation foncire extrmement complexe rendait le dveloppement autonome problmatique. Une socit foncire prive nomme SOLIDERE a t cre, dont le capital est constitu pour les deux-tiers des apports en nature des ayants-droits et pour un tiers, de capitaux extrieurs. Parmi ces investisseurs extrieurs, un certain nombre appartiennent la classe nouvelle qui a pu senrichir en sexpatriant durant la guerre. Le plus emblmatique dentre eux est lancien premier ministre (de 1992 1998), Rafiq Hariri, qui dtient en propre environ 7% du capital. la fois homme daffaire actionnaire de SOLIDERE et premier ministre qui dlguait cette socit la charge damnager ce centre-ville, il a t en mesure de contrler largement les orientations du projet. En 1994, les oppositions parfois virulentes des ayants-droits ont pu tre partiellement leves en change dune densification trs importante (ajout de 1 million de m de surfaces de planchers au projet de 1992). Dans le cas du remblai, le secteur priv est galement charg par ltat des travaux, sa rmunration tant constitue par loctroi de terrains urbanisables. La premire tranche de remblai nest constitue que de terrains btir, sans objectif dintrt gnral pour ltat, qui ne rcupre quune trentaine dhectares de terrains commercialisables. Le dveloppement de ces projets est ainsi troitement li lintrt des promoteurs privs de ces oprations, et il nest pas anodin que ces derniers soient trs proches des cercles du pouvoir. Ainsi, le propre frre du ministre de lIntrieur fait partie des dirigeants dune des entreprises candidates au projet LINORD qui correspond la seconde tranche de remblai. Cest ce ministre lui-mme qui, en 1994, relana ces projets datant de la guerre. Une troisime configuration de ngociation des projets durbanisme entre ltat et les autres acteurs est reprsente par le cas dElyssar. Son originalit vient de la prsence la table des ngociations des deux grands partis confessionnels reprsentant la communaut chiite trs majoritaire parmi les habitants de ces quartiers, Amal et Hezbollah. Tandis que les objectifs de ltat taient le dcloisonnement de cette zone et la construction dinfrastructures autoroutires permettant laccs rapide laroport et au Sud du pays, le souhait des partis politiques locaux taient le relogement sur place dune partie des habitants et le maintien de leurs activits conomiques. La valorisation touristique de la cte apparat comme la cl du financement de cette opration, en mme temps quelle constitue une des motivations essentielles des investisseurs soutenant le projet, parmi lesquels lancien premier ministre Hariri. En mme temps, ces ngociations seffectuent sur fond de nouveaux quilibres politiques nationaux consacrant le poids des partis reprsentant la communaut chiite, Amal dont le leader est le prsident du Parlement, et Hezbollah aurol de son prestige de rsistant Isral au Sud-Liban. travers ces trois exemples, les ressorts vritables du choix des projets urbains paraissent donc troitement lis aux ngociations qui sinstaurent entre des acteurs privs et ltat et ventuellement dautres acteurs de la scne politique. Dans ces ngociations, ltat est largement instrumentalis par certains intrts particuliers. La ralisation du schma directeur ou les modifications qui lui sont apportes sont donc fortement tributaires des anticipations de ces derniers, qui rengocient avec ltat les formes et les objectifs des grands projets. Conclusion La reconstruction de Beyrouth apparat comme un ambitieux programme visant la modernisation indispensable dune ville dont les infrastructures ont t fortement endommages, et le dveloppement des activits conomiques lui permettant de reprendre pied dans la concurrence rgionale. Pour ce faire, les projets sont nombreux et les ralisations, ce jour, ne sont pas ngligeables. Il est incontestable que la plupart des objectifs mis en avant sinscrivent globalement dans la continuit de la planification effectue durant la guerre et les premires annes de la reconstruction. Cette similitude ne signifie pas nanmoins que la reconstruction est la mise en uvre des schmas de la puissance publique, bien que le plan de transport apparaisse comme une mise jour de la planification mtropolitaine. De manire rvlatrice, plusieurs facettes du projet mtropolitain comme le logement social, la protection du patrimoine et des espaces verts ou encore les lignes structurantes des transports en commun ne sont pas mises en uvre. Ceci est le signe dun fort dcalage entre planification et programmation, entre conception et mise en uvre. Les raisons en sont chercher dans labsence dinstitution de gestion et de suivi lchelle mtropolitaine, tant administrative que politique, qui aurait pour tche dvaluer moyen et long terme les consquences de la mise en place de projets stratgiques au fur et mesure de leur mise en uvre et dadapter en fonction les projets nouveaux. La planification dchelle mtropolitaine na donc pas trouv sa place dans le dispositif dcisionnel libanais, malgr des tentatives environ tous les dix ans depuis les annes 1960. Le paradoxe rside en dfinitive dans la cohrence relative, mais partielle, des ralisations par rapport aux perspectives nonces dans cette planification . Plus fondamentalement, ce quoi lon assiste est la mise en uvre de politiques sectorielles ou locales dquipements et dinfrastructures ainsi qu' celle, au coup par coup, de quelques grands projets. Ces derniers rentrent formellement dans le cadre dune planification mtropolitaine, tant le fruit danticipations lchelle rgionale et des ngociations entre des acteurs privs stratgiquement placs et ltat, conducteur des politiques sectorielles et acteur incontournable, mais non unique, dans la dfinition des projets mtropolitains. Le rsultat de ce jeu d'acteurs sans repre o la planification nest pas rellement prise en compte, est la mise en place de projets dmesurs par rapport aux capacits de la mtropole. Le dveloppement urbain rvle rapidement lincohrence conomique de ces dcisions. Cela conduit les dcideurs procder des ajustements la baisse et replacer leurs projets dans des dures (75 ans pour la reconstruction du centre-ville) qui dpassent largement celles proposes par tout exercice de prospective urbaine.  PAGE 14 PAGE 14  Cette reprise reste nanmoins plus modeste que le boom de limmdiat avant-guerre: 7.300 immeubles entre 1971 et 1975 dans la RMB. Source: Administration centrale de la Statistique, 1996. Voir Indicateurs de la reconstruction, Lettre dinformation de lObservatoire de recherche sur Beyrouth et la reconstruction (ORBR), 1998, n10, pp.6-18.  Aveline Natacha, Questions sur le foncier et limmobilier Beyrouth, Lettre dinformation de lORBR, n9, 1997, pp.2-4. Entre 1992 et 1994, les prix ont augment en moyenne de 200%. De 1995 1999, une baisse de lordre de 30% a t constate.  Selon lenqute mnage effectue loccasion du plan de transport en 1994.  Tristan Khayat, 1999, Borj Hammoud, de l'espace communautaire l'espace public: croissance d'un quartier commercial, in Reconstruction et rconciliation au Liban, Huybrechts E. & Doueyhi C. (dir.), Cahiers du CERMOC n23, Beyrouth, CERMOC, pp. 175-186  Bakhos Walid, 1999, Les centralits commerciales de lagglomration de Beyrouth, DESS durbanisme, Acadmie Libanaise des Beaux-Arts  Pour le total des investissements dans le pays, voir PNUD, Development cooperation report Lebanon, Beyrouth, PNUD, 2000. Les chiffres cits dans ce paragraphe concernent le Liban dans son ensemble, sachant que la rgion Centre accentue les tendances nationales. Entre 1992 et 1996, elle reprsentait entre 60 et 70% des demandes de permis de construire du pays. En 1998, on estimait que les investissements publics concernant Beyrouth et la rgion Centre reprsentait environ 80% du total. Cf. expos de Kamal Hamdan, Centre culturel franais, Beyrouth, 6 avril 2000  Awada Fouad, 1988, La gestion des services urbains pendant la guerre 1975-1985, Paris, INTERURBA-CNRS-ORSTOM  Rpublique Libanaise, CDR-DGU, 1986, Schma directeur de la RMB  Voir Huybrechts Eric., 2000, La mise en uvre du plan de transport de la rgion mtropolitaine de Beyrouth, Lettre dinformation de lORBR, n12, CERMOC, Beyrouth  Lirruption de ce projet sur la scne publique en fvrier 1999 parat emblmatique des nouveaux modes de ngociation entre ltat et les investisseurs privs.  A ce sujet, voir Verdeil Eric, 2000, Guerre et reconstruction sur le littoral libanais. Le cas des remblais du littoral du Metn-nord, in Les littoraux. Regards, savoirs, mthodes. Mlanges en lhonneur de Fernand Verger, Paris, Presses de lEcole normale suprieure  A ce propos, voir Mona Harb el-Kak, 1999, Elyssar : les ngociations dans la reconstruction de la banlieue sud-ouest de Beyrouth, Reconstruction et rconciliation au Liban, Huybrechts E. & Doueyhi C. (dir.), Cahiers du CERMOC n23, Beyrouth, CERMOC, pp. 109-124; et Valrie Clerc, 2000, Lettre dinformation de l'ORBR n13, CERMOC, Beyrouth ( paratre) 12B' P J4545 ##b%c%)X) + +Q+++++++b-c-{-|-////11%7t777::I>J>>>@@@@CC6C7CFF}FFFju> UV jU j0J"U 56\]6]56\]aJ5CJ\aJmH sH 5\N12)|'(YZj k P Q $a$)$dh$d%d&d'dNOPQa$$dha$ɺQ J56AGRY $$Ifa$$If $dhxa$ YZdejv}tttt $$Ifa$$If{$$IfFr +" n84 Fa}tttt $$Ifa$$If{$$IfFr +" n84 Fab\SSSS $$Ifa$$If$$IfFr +" n8 24 Fa  ,}tttt $$Ifa$$If{$$IfFr +" n84 Fa,-DFKY[b\SSSS $$Ifa$$If$$IfFr +" n8 24 Fa[\wy~}tttt $$Ifa$$If{$$IfFr +" n84 Fabx\SSSS $$Ifa$$If$$IfFr +" n8 24 Fa}tttt $$Ifa$$If{$$IfFr +" n84 Fa  e%)b]]SSSSSS $dhxa$$a$$$IfFr +" n8 24 Fa )X)J+K+L+M+N+O+P+Q+++/15$7%7t7W8:<0@BD|F}FFF $dhxa$FnHHJK^LL#MiPfRT.Y/Y_Y[ _cff h hUhjjdhxx$dha$ dhxx]dhx $dhxxa$FnHHIII^LLLL/Y]Y^Y_YZZ)[*[[aa hUhqirijjnnnp&pEpFpppqqvvw0xx9y{{0|1|~~nqfiJKк착5CJ\aJH*6] OJQJaJ5OJQJ\aJ@H*OJQJaJ6@OJQJ]aJ@OJQJaJj0J"5U\ 6]aJaJ5\ j0J"U56\]aJ=jorww0xxx9y~ه͉̉։߉ $dh$Ifa$ $dhxa$ $dhxxa$هˉڋɓדmFG/1>?kl/0bcdoɺʺкѺӺԺֺ׺ݺ޺л,DE?@ 6[lU{QRf6]0JmHnHu0J j0JU5CJ\aJ; j0J"UH*>*5\R"0>GOcmHwwwwwwww $dh$Ifa${$$IfFr $v F 4 Fa mn]pQEEEEE $dh$Ifa$ $dh$Ifa$$$IfF֞ F$vF 4 FaɊʊՊ܊QEE $dh$Ifa$$$IfF֞ F$vF 4 Fa $dh$Ifa$+,6:?QE $dh$Ifa$$$IfF֞ F$vF 4 Fa $dh$Ifa$?CFNUV^QC$dh$Ifa$$$IfF֞ F$vF 4 Fa $dh$Ifa$^bgloy‹ËC$$IfF֞ F$vF 4 Fa $dh$Ifa$$dh$Ifa$Ëċ7U٠Jn2cdoƺǺȺɺպֺh]h&` $ p#$a$ $dhxa$D?QL\^`b(*, $dhxa$!tLM-\] 2CX\b&,0JmHnHu6] j0J"U9 0 00&P P. A!"R#$% , document n388 Dd%0  # A2sЏEʇ:QR,D`!sЏEʇ:QR,(*]ؒ:xZklU>gvݢ٤#b`)]hcPZ]B4MQ DRI?k zcJc7{9{g: &p_ iU* 寅z Zj]+O$5_{tc>ݯ'tnz@IWI7J\IȳkT׿HڨZZodKq-8ZNP^( Yu`KJ7H8L8>G\k4G$VP֒ Bյҵ\E)l"Y~/RMVjAH2SOjFjlqƊal,cYƺb,X8c"&r37V^2B1?hL\Fr Fk -׃}0BxP]u,[Ds֙"jeκ\:9GziO7G;IgXF2e.%3g͌Ȗ` @`qD :nV9N06X3 X7cEƊM1V}e"a%вny,_H BFWdXtsy|ܹ%j3c._g֤UY_!+s((쥵`r:b@@'Lak+wV{rmi-&`Ȯxj n}ZIC31}AKs`0FwkP.=fZFiFR=5:kR^wIxz_cӹ_ao-mp se03~;y~ٽ ̜Qf4c w=qc#*EzFsV/sS,@EUӎ 7,Oh_n-һQ]e&r]^x.cp'7MH Vcy*o輵c~ ߾`߾'Nm<)v0ooطQioȷgBͷg|Kcߞ$Ҝ'ȷSm*OJQJaJDD Titre 3$$@&a$5OJQJ\aJNN Titre 4$$@&]a$>*@OJQJaJPP Titre 5$$@&]a$5@OJQJ\aJBB Titre 6$$x@&a$>*OJQJaJNN Titre 7$$dx@&a$5CJOJQJ\aJ2A@2 Police par dfautTT Titre de chapitre$$XHa$ :CJaJ Titre de paragraphe$ & Fh>T8. Tf^`:aJ:: citation$xx`a$VOV _1056893813!F@N@NOle PIC LBook DU L@B)%  !FGraphique Microsoft ExcelBiff5Excel.Chart.89qOh+'0@H`x  =B=& b+ =x9X@"1Arial1Arial1Arial1Arial1Arial1Arial1Arial1Arial1Arial1Arial1Arial#,##0\ "F";\-#,##0\ "F"#,##0\ "F";[Red]\-#,##0\ "F" #,##0.00\ "F";\-#,##0.00\ "F"%"#,##0.00\ "F";[Red]\-#,##0.00\ "F"9*6_-* #,##0\ "F"_-;\-* #,##0\ "F"_-;_-* "-"\ "F"_-;_-@_-6)3_-* #,##0\ _F_-;\-* #,##0\ _F_-;_-* "-"\ _F_-;_-@_-A,>_-* #,##0.00\ "F"_-;\-* #,##0.00\ "F"_-;_-* "-"??\ "F"_-;_-@_->+;_-* #,##0.00\ _F_-;\-* #,##0.00\ _F_-;_-* "-"??\ _F_-;_-@_- #\ ##0#,##0\ _t;\-#,##0\ _t#,##0" "\t;\-#,##0\ "F"#,##0" "\t";";\-#,##0\ "F"#,##0" "\t".";\-#,##0\ "F"#,##0" %";\-#,##0\ "F"                + ) , *         Y ciments91-98balancepaiements 4cdr croissancePIB !Graph1 (Graph2 4Graph3 Cfinal IFeuil6 jJFeuil7 RKFeuil8 :LFeuil9"MFeuil10 NFeuil11NFeuil12OFeuil13PFeuil14QFeuil15RFeuil16 =  dMbP?_*+%!!&APage &P"!Tb<~?<~?U  j?obEPEP@   vente de ciment (kg)  total @05A @.ρ ciment consomm (tonnes)-%solde de la balance des paiements ($)#investissements publics ($)$$@Vo$@@F@|a2M@ D$(@f(@V@@|a2]@$,@,@D@p@$GPs@DD~ 0@0@@3@镲l@$4@@4@@@@$Q!@DD$8@@8@f@nl@ ~ p@   cimentsz96 z@x@ @ D D    Ciment 1997   les imports:  production l@(@@@ DD IAventes locales 3188 (n'inclue pas les import-export terrestres !) Ciment 1998  production @@f@ DD"ventes locales 3203 (idem) &F@M(J:PFP:*]J^a'P]>f Z$@A@Ty  =&M&d2?'M&d2?(~?)~?M Canon BJC-240 3dhhCanon BJC-240o o o  K -"@",d" dh `? `?3 33Q: ciment consomm (tonnes)Q;ӉQ;E43Q: (%solde de la balance des paiements ($)Q;#Q;?3      4E43Q:W investissements publics ($)Q;sQ;3      4E4D FAy~ 3O! % 3 43*#! 4%3O$&Q VSsource: rapports d'activits du CDR (1994-96-99) ; banque du Liban ; ACS et douanes'4%:z3O\&Q tonnes de ciments'4523  43" $%3O&Q444Ay~ 3O3 ! 43*4% z3OO&Q millions de US $'43"  U3O ]I%3OQ423   44$%3O&Q443" $%3O&Q444%Ph3OG(&Q \Yinvestissements publics, investissements extrieurs et construction au Liban (1993-1998)'44 ( >  =  dMbP?_*+%!!&APage &P"!n<~?<~?stU  bE?obEPEP annesolde BP$@F@(@@,@p@0@3@4@@8@<@p@_%>  =  dMbP?_*+%!!&APage &P"!<~?<~?stU  bE?obEP EP @ totaux: "total cumul des dpenses total par priodes~ (@|a2]@|a2]@~ 0@J@镲l@~ 8@V->@nl@$@J@(@e@,@`~@ 0@@  4@@@  8@}@ vX222 >   =  dMbP?_*+%!!&APage &P"!<~?<~?enU  bEbEb~ $@(@ @,@@0@@4@ @8@@d>   =&APage &P"F<~?<~?3final453Ed3Q: WTconsommation de ciments (tonnes) / Administration centrale de la statistique-douanesQ;ÊQ;sE43Q: qninvestissements publics (millions de $) / Plan du gouvernement libanais pour le redressement des finances 1999Q=Q;ÌE43Q:ی 1.croissance du PIB (%) / Ministre des financesQ;Q;E4DFAuS J3O%6d 43 43*4523  43"  V3O %3OQ443      4444 $@$@$@(@(@,@,@0@0@4@4@8@8@@?@V@ @D@@ @ @ @@  @ f@ @> Ed  =&APage &P()\(?)Q?M Canon BJC-240 3dhhCanon BJC-240o o o  K -"@",d" dh<~?<~?3finalh33Ed3Q:+ WTconsommation de ciments (tonnes) / Administration centrale de la statistique-douanesQ;GQ;c3      4E43Q:{ qninvestissements publics (millions de $) / Plan du gouvernement libanais pour le redressement des finances 1999Q;Q;3      4E43Q:ˍ 1.croissance du PIB (%) / Ministre des financesQ;Q;3     4E4DFAv 3OH3  3 43*X@#! 4%*Ia~3O&Q'4523  43" F FG3OF D%3OQ4444Av 3O3 ! 43*"@4% Sas3O & Q %'43" 44% 3O & Q Source : PIB et investissement public : min. des Finances; ciment : Administration des Douanes + administration centrale de la statistique'44 ($@$@$@(@(@(@,@,@,@0@0@0@4@4@4@8@8@8@@@@V@ @ @D@@@ @ ,@ @ @@ ƻ@  @ f@ @ @> Ed  =&APage &P)@M Canon BJC-240 3dhhCanon BJC-240o o o  K -"@",d" d h<~?<~?3final]\Jqj/@Am900 M$ #]\F f @Am100 M$ #]\ JjS @Am200 M$ #]\ J{j9@Am300 M$ # ]\ JRj@An400 M$ #]\ F!f@A0n500 M$ #4]\ Jj@ALn600 M$ #]\Jj@Ahn700 M$ #(]\ Jjn@An800 M$ #-33Q: WTconsommation de ciments (tonnes) / Administration centrale de la statistique-douanesQ;7Q;S3      4E43Q:k qninvestissements publics (millions de $) / Plan du gouvernement libanais pour le redressement des finances 1999Q;Q;3     4E43Q: 1.croissance du PIB (%) / Ministre des financesQ;׎Q;3      4E4DFA, ] 3O_ 3 #43*@#& ! 4523  43" 9 I3O; /%3O& Q423   4444A, ] 3O3 ! 43*"@N& 43" 44%3OQ'4%3OQ'44 ($@$@$@(@(@(@,@,@,@0@0@0@4@4@4@8@8@8@@@@V@ @ @D@@@ @ ,@ @ @@ ƻ@  @ f@ @ @>  =  dMbP?_*+%!!&APage &P"!<~?<~?"U  j?obEP EP @   \Tconsommation de ciments (tonnes) / Administration centrale de la statistique-douanesvninvestissements publics (millions de $) / Plan du gouvernement libanais pour le redressement des finances 19996.croissance du PIB (%) / Ministre des finances$@@@@(@V@ @ @,@D@@@0@@,@@4@@@ƻ@ @8@f@@@ ~ @S@ @D    ~ }@  @ D    ~ @ @ D    ~ @ ,@ D    ~ 8@ ƻ@D   ~ @@ D """"""DDDDD>  =  dMbP?_*+%!!&APage &P"!<~?<~?U  >  =  dMbP?_*+%!!&APage &P"!<~?<~?U  >  =  dMbP?_*+%!!&APage &P"!<~?<~?U  >  =  dMbP?_*+%!!&APage &P"!<~?<~?U  >  =  dMbP?_*+%!!&APage &P"!<~?<~?U  >  =  dMbP?_*+%!!&APage &P"!<~?<~?U  >  =  dMbP?_*+%!!&APage &P"!<~?<~?U  >  =  dMbP?_*+%!!&APage &P"!<~?<~?U  >  =  dMbP?_*+%!!&APage &P"!<~?<~?U  >  =  dMbP?_*+%!!&APage &P"!<~?<~?U  >  =  dMbP?_*+%!!&APage &P"!<~?<~?U  >  =  dMbP?_*+%!!&APage &P"!<~?<~?U  >  =  dMbP?_*+%!!&APage &P"!<~?<~?U  >  META  (CompObjfObjInfo SummaryInformation( @B) b    -45'  ' ' - "-  $ "- "--'--  rg9 ooRR55--'-- rg9 "- --'--  "-  Arial-ooRR55Arial-    __  --"Systemn-'--- |---'--- ---'--- !}- "-5B(DDDD'-  $-- $vyw-ww- $y_`v`-_^- $]^-- $- "- ^Z_OP- wzt_b\ ^a[Z_]bW\ORLPSM---'---  ---'---   "-  -ooRR55---'--- |---'--- ---'--- !}- "- R 5`_R- "-  $OUUO5 $2882` $]cc]_ $_b\_ $ $---'--- ---'--- ---'--- ---'--- ---'---    2 k0 t.2 V1 000 t.2 V2 000 t.2 V3 000 t.2 V4 000 t.2 V5 000 t.2 hV6 000 t.2 KV7 000 t.2 .V8 000 t.2 V9 000 t.---'--- ----'---   2 't1993 2 '1994 2 '1995 2 'Q1996 2 '1997 2 '1998---'--- ----'---   2 0 % 2 1 % 2 2 % 2 3 % 2 4 % 2 5 % 2 h6 % 2 K7 % 2 .8 % 2 9 % ---'--- - "-  ui8---'--- rg9---'--- rg9-A!A 5B(DDDDJ--  $ @J@JC CAJ-AIA5- "-D8>2 2 <LTconsommation de ciments (tonnes) / Administration centrale de la statistique-douanes---'--- rg9---'--- rg9V! VIV5 Y8S2 2 OLninvestissements publics (millions de $) / Plan du gouvernement libanais pour le redressement des finances 1999---'--- rg9---'--- rg9 "-g! gIg5 "-  $5d8j2j5d L2 bL.croissance du PIB (%) / Ministre des finances ---'--- rg9---'--- - "-  $# 2 900 M$---'---     2 100 M$---'---    2 200 M$---'---    2 300 M$---'---    2 400 M$---'---    2 500 M$---'---   }i|j 2 j600 M$---'---   `M_N 2 N700 M$---'---   C/B0 2 0800 M$---'--- ---'- -'- --'  '  4'Donzel BrigitteDonzel BrigitteMicrosoft Excel@P&@}Ӫ՜.+,08@ LT \ OfF  ciments91-98balancepaiementscdrcroissancePIBfinalFeuil6Feuil7Feuil8Feuil9Feuil10Feuil11Feuil12Feuil13Feuil14Feuil15Feuil16Graph1Graph2Graph3 D?QL\^`b(*, $dhxa$!Titre sous paragrahpe$ha$ 6]aJ:: Italique/Gras 56\]8 @B8 Pied de page  p#,)@Q, Numro de page:b: Note de bas de pageB&@qB Appel note de bas de p.H*.@. En-tte  p#DOD Sous titre $a$5OJQJ\aJ.. Paragraghe$a$>>> Titre $a$5;OJQJ\aJVV Body Text Indent$]a$@OJQJaJRB@R Corps de texte$]a$@OJQJaJNC@N Retrait corps de texte $xa$aJXQX Corps de texte 3$]a$5OJQJ\aJFF Body Text 21 $xa$CJOJQJaJ0+@0 tLM-\] 2CX\b&, 0JmHnHu6] j0J"U, document n3 1414 63-87.1414 xx%2Iverdeil ERIC VERDEIL# i:@: Normal 7$8$H$_HmH sH tH TT Titre 1$$@&]a$5@CJOJQJ\aJ88 Titre 2$@&>*OJQJaJDD Titre 3$$@&a$5OJQJ\aJNN Titre 4$$@&]a$>*@OJQJaJPP Titre 5$$@&]a$5@OJQJ\aJBB Titre 6$$x@&a$>*OJQJaJNN Titre 7$$dx@&a$5CJOJQJ\aJ2A@2 Police par dfautTT Titre de chapitre$$XHa$ :CJaJ Titre de paragraphe$ & Fh>T8. Tf^`:aJ:: citation$xx`a$VOV Titre sous paragrahpe$ha$ 6]aJ:: Italique/Gras 56\]8 @B8 Pied de page  p#,)@Q, Numro de page:b: Note de bas de pageB&@qB Appel note de bas de p.H*.@. En-tte  p#DOD Sous titre $a$5OJQJ\aJ.. Paragraghe$a$>>> Titre $a$5;OJQJ\aJVV Body Text Indent$]a$@OJQJaJRB@R Corps de texte$]a$@OJQJaJNC@N Retrait corps de texte $xa$aJXQX Corps de texte 3$]a$5OJQJ\aJFF Body Text 21 $xa$CJOJQJaJ0+@0 Note de fin!$a$<*@!< Appel de note de finH*:h!+6EcU˂D_Z3lgw 12)|-._`pqVW P;<GMX_`jkp| &23JLQ_ab}k!%^%P'Q'R'S'T'U'V'W'''+-1*3+3z3]4686<>@BBBBtDDFGdHH)IoLlNP4U5UeUW[_bbdd[dfflnssDtuuMuz}0127ES\dxކ߆@AKOTX[cjksw|ׇ؇هLjΗ*_Gxy۶ܶݶ޶YT-fսaq0000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000@0 @@0@0 @!0@!0@!0@!0@!0@!0@!0@!0@!0@!0@!0@!0 Fdsu~Q Y,[)Fjm?^Ëeghijklmnopqrtvwxyz{|}f''': !!7A/:=H_iw (*4 %%++00j2u2556 6 662696/79777f=p=>#>BBFGSSVV]]]]dd$e,e.e5e9e=eggjjOlYlzz *IY}378?ߗju ϥӥʨΨ;Dfu޶ȹMW]d˺juv',-3hm(t{$.4; ERIC VERDEILYC:\WINDOWS\Application Data\Microsoft\Word\Enregistrement automatique deFinaltext-LSA.asd ERIC VERDEIL^C:\Mes documents\DocumentsEric\Eric\travaux_Liban\laria-beymtropolisation\finalLSAVerdHuy.doc ERIC VERDEIL^C:\Mes documents\DocumentsEric\Eric\travaux_Liban\laria-beymtropolisation\finalLSAVerdHuy.doc ERIC VERDEIL^C:\Mes documents\DocumentsEric\Eric\tr Note de fin!$a$<*@!< Appel de note de finH*4b!+6E]Ułz>_Z3lgw 12)|'(YZjkPQ J56AGRYZdejv  ,-DFKY[\wy~e!%X%J'K'L'M'N'O'P'Q'''+-1$3%3t3W4680<>@|B}BBBnDDFG^HH#IiLfNP.U/U_UW [_bb d dUdff lnss>t u uGuz}ۅ܅*+,1?MV^r|}؆ن:;EINRU]demqv{~ч҇ӇFdȗ$Y}Ars~նֶ׶ضSN'`Ͻ[k00000000000000000avaux_Liban\laria-beymtropolisation\finalLSAVerdHuy.doc ERIC VERDEIL^C:\Mes documents\DocumentsEric\Eric\travaux_Liban\laria-beymtropolisation\finalLSAVerdHuy.doc;<GMX_`jkp| &23JLQ_ab}0127S\dxކ߆@AKOTX[cjksw|ׇ؇@dggݶ޶0@10 @10@008@0@1u@1 0u@10u@00u@00@UnknownG:Times N# i:@: Normal 7$8$H$_HmH sH tH TT Titre 1$$@&]a$5@CJOJQJ\aJ88 Titre 2$@&>*OJQJaJDD Titre 3$$@&a$5OJQJ\aJNN Titre 4$$@&]a$>*@OJQJaJPP Titre 5$$@&]a$5@OJQJ\aJBB Titre 6$$x@&a$>*OJQJaJNN Titre 7$$dx@&a$5CJOJQJ\aJ2A@2 Police par dfautTT Titre de chapitre$$XHa$ :CJaJ Titre de paragraphe$ & Fh>T8. Tf^`:aJ:: citation$xx`a$VOV Titre sous paragrahpe$ha$ 6]aJ:: Italique/Gras 56\]8 @B8 Pied de page  p#,)@Q, Numro de page:b: Note de bas de pageB&@qB Appel note de bas de p.H*.@. En-tte  p#DOD Sous titre $a$5OJQJ\aJ.. Paragraghe$a$>>> Titre $a$5;OJQJ\aJVV Body Text Indent$]a$@OJQJaJRB@R Corps de texte$]a$@OJQJaJNC@N Retrait corps de texte $xa$aJXQX Corps de texte 3$]a$5OJQJ\aJFF Body Text 21 $xa$CJOJQJaJ0+@0 Note de fin!$a$<*@!< Appel de note de finH*4b!+6E]Uły=_Z3lgw 12)|'(YZjkPQ J56AGRYZdejv  ,-DFKY[\wy~e!%X%J'K'L'M'N'O'P'Q'''+-1$3%3t3W4680<>@|B}BBBnDDFG^HH#IiLfNP.U/U_UW [_bb d dUdff lnss>t u uGuz}څۅ)*+0>LU]q{|׆؆9:DHMQT\cdlpuz}Їч҇EcǗ#X|@qr}Զնֶ׶PK$]̽Xh000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000@0 @@0@0 @!0@!0@!0@!0@!0@!0@!0@!0@!0@!0@!0@!0 Fbdsu~Q Y,[)Fjm?^Ëbeghijklmnopqrtvwxyz{|}f''': !!7A)47BYcq}"$.%%++00d2o255566 6,636)737z77`=j=>>BBFGSSVV]]]]dde&e(e/e3e7eggggjjIlSlzz#BRޏv,018ؗߗcnx}ȥ̥èǨ4=_n׶DNT[ºalmx#$*_dkr׿|%+2 ERIC VERDEILYC:\WINDOWS\Application Data\Microsoft\Word\Enregistrement automatique deFinaltext-LSA.asd ERIC VERDEIL^C:\Mes documents\DocumentsEric\Eric\travaux_Liban\laria-beymtropolisation\finalLSAVerdHuy.doc ERIC VERDEIL^C:\Mes documents\DocumentsEric\Eric\travaux_Liban\laria-beymtropolisation\finalLSAVerdHuy.doc56AGRYZdejv  ,-DFKY[\wy~څۅ)*+0LU]q{|׆؆9:DHMQT\cdlpuz}Їч@ggL ]ggggֶ׶߶@<@@u@Xu@Zu@\u@^@UnknownG:Times New Roman5Symbol3& :ArialSTimesTimes New Roman9Garamond"AE&CWFzIsÖMA$xx%2Iverdeil ERIC VERDEIL) Gratu.482 Groan.1131Happy_End.1536_884 Helloy.293 Conjureew Roman5Symbol3& :ArialSTimesTimes New Roman9Garamond"AE&WfzItɖMA$xx,2Iverdeil ERIC VERDEIL%<)0 *%-<#-%<#dd9 bjbj޶ l-d'6'66666KKK8K$L6YDLL(MMMMMMXXXXXXX$ [ *]RX6MMMMMXQ'6Ls68MMYQQQM6M6MXQMXQ4QIU66IUML !16KQIUIU<Y0YIU|]Q|]IUQ66'6'666Root Entry F !1Data WordDocument ObjectPoolN N   CompObjj0Table |]%+NI@tɖZ՜.+,0 hp|   AM, I Titre  FDocument Microsoft Word MSWordDocWord.Document.89q00000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000@0 @@0@0 @!0@!0@!0@!0@!0@!0@!0@!0@!0@!0@!0@!0 F,dsu~Q Y,[)Fjm?^Ë,eghijklmnopqrtvwxyz{|}f''': !!7A)47BYcq}"$.%%++00d2o255566 6,636)737z77`=j=>>BBFGSSVV]]]]dde&e(e/e3e7eggjjIlSlzz$CSߏw-129ٗdoy~ɥͥĨȨ5>`oض¹GQW^źdop{!&'-bg"nuڿ(.5 ERIC VERDEILYC:\WINDOWS\Application Data\Microsoft\Word\Enregistrement automatique deFinaltext-LSA.asd ERIC VERDEIL^C:\Mes documents\DocumentsEric\Eric\travaux_Liban\laria-beymtropolisation\finalLSAVerdHuy.doc ERIC VERDEIL^C:\Mes documents\DocumentsEric\Eric\travaux_Liban\laria-beymtropolisation\finalLSAVerdHuy.doc ERIC VERDEIL^C:\Mes documents\DocumentsEric\Eric\travaux_Liban\laria-beymtropolisation\finalLSAVerdHuy.doc56AGRYZdejv  ,-DFKY[\wy~ۅ܅*+,1MV^r|}؆ن:;EINRU]demqv{~ч҇@L ]gg׶ض@@8@@u@u@"u@&u@(@UnknownG:Times New Roman5Symbol3& :ArialSTimesTimes New Roman9Garamond"E&CWFzIsĖMA$xx&2Iverdeil ERIC VERDEIL9 bjbjض lddd80$T+D*(RRRRRR)))))))$W, w.R*RRRRR*R#dL8RR*R#R#R#RRR)R#R)R#\R#&&R ~ R#&&<*0+&.R#.&R#ddRoot Entry F~ Data WordDocument!ObjectPoolN N "'(DocumentSummaryInformation8 1Table.SummaryInformation(DocumentSummaryInformation8%)CompObjj0Table -NI@jʑsĖZ՜.+,0 hp|   AM& I Titre  FDocument Microsoft Word MSWordDocWord.Document.89qFeuilles de calcul GraphiquesZOh+'0  4 @ L Xdlt|Issverdeilerderd Normal.dot ERIC VERDEILo3ICMicrosoft Word 9.0@V@$@  !"#$%&'()*+,-./0123456789:;<=>?@ABCDEFGHIJKLMNOPQRSTUVWXYZ[\]^_`abcdefghijklmnopqrstuvwxyz{|}~Feuilles de calcul GraphiquesZOh+'0  4 @ L Xdlt|Issverdeilerderd Normal.dot ERIC VERDEILo4ICMicrosoft Word 9.0@0@$@  !"#$%&'()*+,-./0123456789:;<=>?@ABCDEFGHIJKLMNOPQRSTUVWXYZ[\]^_`abcdefghijklmnopqrstuvwxyz{|